Anthropic verrouille 517 milliards pour rattraper OpenAI
D'après The Decoder (7 septembre 2026 à 20h12)
Résumé
En onze mois, Anthropic a signé des contrats de calcul pouvant atteindre 517 milliards de dollars, sécurisant au moins 14,8 gigawatts de capacité, tout en restant derrière le plan d’OpenAI.
Les faits
Anthropic a signé en onze mois des contrats de puissance de calcul pouvant atteindre jusqu’à 517 milliards de dollars, selon un décompte cité par le média The Information. Ces engagements restent inférieurs au plan d’OpenAI, évalué à 750 milliards de dollars de puissance de calcul projetés d’ici 2030. Depuis octobre 2025, Anthropic a verrouillé au moins 14,8 gigawatts de capacité de calcul supplémentaires, en plus du un à deux gigawatts déjà sécurisés auparavant, et prépare ses propres centres de données. Malgré cette montée en puissance, la capacité totale prévue resterait en deçà de l’objectif de 30 gigawatts qu’OpenAI vise pour 2030, d’autant que nombre de contrats d’Anthropic se prolongent bien au-delà de cette échéance, ce qui rend toute comparaison directe délicate. Aucun des deux acteurs ne peut pour l’instant financer ces engagements uniquement par ses revenus. Anthropic affiche un revenu annualisé de 65 milliards de dollars, tandis qu’OpenAI dépasse les 40 milliards de dollars à juillet, d’après des chiffres cités respectivement par Bloomberg et The Information. Ces montants illustrent l’écart entre les contrats de capacité signés et les revenus actuels. En début d’année 2026, le directeur général d’Anthropic, Dario Amodei, mettait en garde contre un rythme d’investissement jugé trop rapide, estimant que certains concurrents « ne comprennent pas vraiment les risques qu’ils prennent ». Quelques mois plus tard, Anthropic se retrouve pourtant à accélérer pour rattraper son principal rival, alors que le directeur général d’OpenAI, Sam Altman, appelle à la prudence en dénonçant une « folie insoutenable » dans la course aux infrastructures, en particulier chez certains nouveaux fournisseurs de cloud. Il souligne que les progrès techniques pourraient transformer les projets les plus coûteux d’aujourd’hui en mauvais paris.
Pourquoi c’est important
La décision d’Anthropic de s’engager sur des contrats de puissance de calcul pouvant atteindre 517 milliards de dollars en moins d’un an marque une nouvelle étape dans l’escalade des investissements nécessaires pour rester dans la course à l’IA générative. En verrouillant au moins 14,8 gigawatts de capacité supplémentaires, l’entreprise cherche à garantir l’infrastructure indispensable à la croissance de ses modèles, tout en restant en deçà de l’objectif de 30 gigawatts qu’OpenAI vise pour 2030. Le contraste entre les mises en garde initiales de Dario Amodei contre des investissements précipités et la stratégie actuelle d’Anthropic, combiné aux appels à la prudence de Sam Altman face à une « folie insoutenable » des néo-fournisseurs de cloud, souligne l’ambivalence du moment. Les géants de l’IA doivent sécuriser des ressources colossales pour soutenir leurs ambitions, alors même qu’ils alertent sur les risques financiers et techniques de ces paris à long terme, dans un contexte où leurs revenus ne suffisent pas encore à couvrir ces engagements.
Questions fréquentes
Combien Anthropic a-t-elle engagé en contrats de calcul ?
Anthropic a signé en onze mois des contrats de puissance de calcul pouvant atteindre jusqu’à 517 milliards de dollars.
Quelle capacité de calcul Anthropic a-t-elle sécurisée ?
Depuis octobre 2025, Anthropic a verrouillé au moins 14,8 gigawatts de capacité de calcul supplémentaires, en plus de 1 à 2 gigawatts déjà sécurisés.
Anthropic dépasse-t-elle OpenAI en puissance de calcul planifiée ?
La capacité totale prévue d’Anthropic resterait inférieure à l’objectif de 30 gigawatts qu’OpenAI vise pour 2030.
Les revenus d’Anthropic couvrent-ils ses engagements de calcul ?
Non, Anthropic ne peut pas financer ces contrats uniquement par ses revenus, qui sont annualisés à 65 milliards de dollars.
Que critiquent Dario Amodei et Sam Altman ?
Dario Amodei critique des investissements trop rapides, tandis que Sam Altman dénonce une « folie insoutenable » dans la course au calcul.
Source
The DecoderAuteur
Rédaction IA-MediasRédaction spécialisée dans la veille et l'analyse de l'actualité de l'intelligence artificielle, des puces IA, des robots, des agents IA et de la recherche.