Apollo prévient, l'IA ne dope pas encore les marges hors tech
D'après The Decoder (7 juillet 2026 à 12h28)
Résumé
Torsten Slok, chef économiste d’Apollo, avertit que les gains de productivité et de marges liés à l’IA hors secteur tech pourraient prendre des années, fragilisant les valorisations actuelles.
Les faits
Torsten Slok, chef économiste d’Apollo, constate qu’« il n’y a aucun gain de marge lié à l’IA en dehors de la tech ». Selon lui, les profits des secteurs non technologiques ne montrent pour l’instant aucun effet positif mesurable des investissements dans l’intelligence artificielle. Il souligne que la valeur des entreprises d’IA repose « entièrement » sur la promesse de hausses de marges au sein des sociétés de l’indice S&P 493, c’est‑à‑dire l’ensemble des entreprises de l’indice S&P 500 hors « magnificent seven ». Autrement dit, sans amélioration des marges dans le reste de l’économie, les hypothèses qui soutiennent les capitalisations actuelles seraient fragilisées. Dans des secteurs fortement régulés comme la santé, la banque, l’énergie, la pharma ou la fabrication, Slok estime que des refontes profondes des processus et des exigences de confidentialité peuvent retarder les gains de productivité de plusieurs années. Il prévient que ces gains pourraient intervenir « bien au‑delà de ce que le marché projette actuellement », créant un décalage entre les attentes de croissance rapide des bénéfices et les flux de trésorerie réellement générés. L’économiste ajoute que si le « coup de pouce de productivité » arrive en cinq ans plutôt qu’en cinq mois, de nombreux titres liés à l’IA pourraient subir une « douloureuse revalorisation ». Il mentionne également que la baisse des coûts des jetons pourrait plafonner les revenus des hyperscalers, tandis que les gains de productivité individuels, difficiles à mesurer dans les métiers de la connaissance, sont absorbés dans les opérations quotidiennes sans apparaître clairement dans les comptes.
Pourquoi c’est important
L’avertissement de Torsten Slok pose une question centrale pour la bulle actuelle autour de l’IA : que se passe‑t‑il si les gains de productivité promis mettent des années à se matérialiser hors du noyau technologique ? Si les marges du S&P 493 ne progressent pas, le socle économique qui justifie les valorisations des entreprises d’IA apparaît nettement plus fragile. En soulignant le décalage potentiel entre des marchés « pricés » pour une croissance immédiate des bénéfices et des flux de trésorerie qui pourraient rester en retrait pendant des années, Slok alerte sur le risque de correction brutale. Son analyse suggère que la durée réelle du retour sur investissement de l’IA dans les secteurs régulés – santé, finance, énergie, pharma, industrie – pourrait devenir l’un des enjeux macroéconomiques clés pour les investisseurs comme pour les dirigeants.
Questions fréquentes
Que constate Torsten Slok sur les marges hors secteur tech ?
Il affirme qu’il n’y a aucun gain de marge lié à l’IA en dehors du secteur technologique.
Sur quoi reposent les valorisations actuelles des entreprises d’IA selon Slok ?
Sur la promesse que les marges des entreprises du S&P 493 finiront par augmenter grâce à l’IA.
Quels secteurs sont jugés particulièrement lents à bénéficier de l’IA ?
La santé, la banque, l’énergie, la pharma et la fabrication sont cités comme secteurs régulés à déploiement lent.
Quel risque évoque Slok si les gains de productivité prennent cinq ans ?
Il prévient qu’un délai de cinq ans pourrait entraîner une « douloureuse revalorisation » de nombreux titres liés à l’IA.
Pourquoi les gains de productivité sont‑ils difficiles à voir dans les comptes ?
Dans les métiers de la connaissance, ils sont difficiles à mesurer et sont absorbés dans les opérations quotidiennes sans apparaître clairement.
Source
The DecoderAuteur
Rédaction IA-MediasRédaction spécialisée dans la veille et l'analyse de l'actualité de l'intelligence artificielle, des puces IA, des robots, des agents IA et de la recherche.