Auteurs dénoncent le partage de l'argent Anthropic

D'après TechCrunch (6 septembre 2026 à 22h47)

Résumé

Des auteurs contestent la répartition du règlement de 1,5 milliard de dollars versé par Anthropic, accusant éditeurs et agences littéraires de revendiquer indûment une part de leurs compensations.

Les faits

Anthropic a conclu l’an dernier un accord à l’amiable de 1,5 milliard de dollars pour mettre fin à une action collective liée à l’usage de livres piratés pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle. Le juge a estimé que l’entraînement sur des œuvres protégées relevait du fair use, mais que le piratage de ces œuvres ne l’était pas. L’accord a reçu une approbation définitive en juillet, ouvrant la voie au versement des compensations. Selon les termes de ce règlement, les auteurs de près de 500 000 titres doivent percevoir 3 000 dollars par œuvre piratée. Quand un livre est toujours disponible via un éditeur traditionnel, la somme est partagée à parts égales entre auteur et éditeur. À l’inverse, pour les ouvrages autoédités ou dont les droits ont été restitués après la mise hors impression, l’intégralité du montant revient à l’auteur. Plusieurs écrivains ont toutefois rapporté sur les réseaux sociaux que certains éditeurs semblent réclamer davantage que leur part légitime. L’autrice de romans policiers et de thrillers April Henry s’est ainsi indignée : « Mais qu’est-ce que HarperCollins est en train de manigancer ? Ils ont revendiqué l’un de mes livres dans le règlement Anthropic alors que les droits ont été rétrocédés il y a au moins 17 ans, ET le même jour j’ai reçu une alerte de crédit disant qu’ils avaient été ajoutés comme mon employeur ! (ce qu’ils n’ont jamais été). » Sur le blog spécialisé Writers Beware, Victoria Strauss explique recevoir des plaintes d’auteurs qui se répartissent en deux grandes catégories : des cas où des maisons d’édition cherchent à toucher des paiements sur des œuvres dont elles n’ont plus les droits, parce qu’ils ont été rétrocédés, et des situations où des éditeurs réclament 100 % du versement alors qu’ils ne sont en droit de recevoir que 50 %. Strauss souligne que certains éditeurs ont déjà reconnu des erreurs et demandé à Anthropic de corriger les allocations. Elle indique néanmoins qu’elle est « réticente à attribuer à la malveillance ce qui peut être plausiblement expliqué par une mauvaise tenue de registres », tout en relevant que le nombre inhabituellement élevé de signalements reçus en deux jours et la répétition des mêmes erreurs donnent l’image d’un problème « beaucoup plus vaste et systémique » que de simples dysfonctionnements de routine. Dans le même esprit, la directrice générale de l’Authors Guild, Mary Rasenberger, affirme ne pas voir là « une tentative d’accaparement de la part des éditeurs » et ne pas penser qu’ils « cherchent spécifiquement à arnaquer des auteurs ». Elle y voit le résultat prévisible d’un système de règlement confus et de bases de données mal tenues. Les éditeurs ne sont pas les seuls concernés : Victoria Strauss rapporte aussi des plaintes visant des agences littéraires qui revendiquent une part des paiements, alors que, rappelle-t-elle, « les agents ne sont pas des titulaires de droits sur les livres qu’ils vendent ». L’autrice Courtney Milan, nom de plume de l’ancienne assistante juridique et professeure de droit Heidi Bond, s’est montrée beaucoup plus directe sur Bluesky : « Apparemment certains agents essaient de réclamer des pourcentages sur le règlement Anthropic, et je ne pense ABSOLUMENT pas qu’ils devraient faire cela, mais qu’est-ce que c’est que ce bordel, arrêtez ces conneries ! » Pour aider les auteurs à contester la répartition de leurs paiements, Courtney Milan et l’Authors Guild ont diffusé des informations pratiques sur les démarches possibles. Un point clé concerne la date de réversion des droits : pour revendiquer 100 % d’un versement au titre d’un livre donné, la réversion doit être intervenue avant le 10 août 2022, date de « téléchargement » retenue dans le règlement.

Pourquoi c’est important

Ce conflit autour du règlement Anthropic met en lumière la complexité de la chaîne de droits dans l’édition à l’ère de l’intelligence artificielle. Le dispositif repose sur des bases de données de droits d’auteur et de contrats qui, lorsqu’elles sont imprécises ou obsolètes, créent des frictions majeures au moment de redistribuer des montants massifs liés à l’entraînement des modèles IA sur des œuvres piratées. Au-delà du cas Anthropic, l’affaire pose des questions structurantes pour tout l’écosystème de l’IA générative : comment organiser des règlements collectifs qui respectent réellement les droits des créateurs, qui clarifient le rôle des éditeurs et des agents, et qui intègrent la réversion des droits dans des processus automatisés à grande échelle ? Les réactions de figures comme Victoria Strauss, Mary Rasenberger et Courtney Milan montrent que les auteurs se mobilisent pour peser sur la définition des futures pratiques de compensation dans un paysage où l’utilisation d’œuvres protégées pour l’IA devient centrale.

Questions fréquentes

Quel est le montant du règlement conclu par Anthropic ?

Anthropic a accepté un règlement de 1,5 milliard de dollars lié à l’usage de livres piratés pour entraîner ses modèles d’IA.

Combien un auteur reçoit-il par livre piraté dans ce règlement ?

Chaque auteur concerné doit percevoir 3 000 dollars par œuvre piratée incluse dans le règlement.

Comment est réparti le paiement entre auteur et éditeur ?

Pour un livre encore en circulation chez un éditeur traditionnel, la somme est partagée 50-50 entre auteur et éditeur.

Dans quels cas l’auteur touche 100 % du paiement ?

L’auteur reçoit l’intégralité du montant pour les livres autoédités ou dont les droits ont été rétrocédés après la mise hors impression.

Pourquoi les agents littéraires sont critiqués dans ce dossier ?

Des agences sont accusées de réclamer une part des paiements alors qu’elles ne sont pas titulaires des droits sur les livres.

Source

TechCrunch

Auteur

Rédaction IA-Medias

Rédaction spécialisée dans la veille et l'analyse de l'actualité de l'intelligence artificielle, des puces IA, des robots, des agents IA et de la recherche.