Bill Gates veut taxer les robots pour sauver nos emplois
D'après TechCrunch (26 août 2026 à 16h37)
Résumé
Dans un nouvel essai, Bill Gates propose une « taxe robot » et des emplois « Human Reserved » afin de freiner la substitution du travail humain par l’IA et financer la protection sociale.
Les faits
Bill Gates a publié un long essai sur son site Gates Notes, dans lequel il détaille ses réflexions sur les impacts sociaux de l’intelligence artificielle. Le cofondateur de Microsoft y est présenté comme appartenant surtout au camp de l’« IA responsable », tout en se montrant favorable à l’appel à ralentir l’IA formulé par la lettre ouverte « Pacing The Frontier » signée par des employés du secteur, tout en doutant de la durabilité d’un tel ralentissement. Dans ce texte, Bill Gates se dit enthousiaste quant aux bénéfices de l’IA pour la science et la santé, mais exprime ses inquiétudes concernant ses effets sur l’emploi. L’article souligne que ces préoccupations sont « assez familières » pour ceux qui suivent les travaux de politique publique d’Anthropic, ce qui situe sa position dans un débat déjà structuré autour des usages responsables de l’IA. Gates avance cependant plusieurs idées nouvelles qui pourraient, selon l’article, « changer la conversation » si elles étaient adoptées. Il propose d’abord une « taxe robot ». Il rappelle que, « aujourd’hui, si vous êtes un employeur et que vous embauchez quelqu’un, vous payez des cotisations sociales sur ses revenus. Mais si vous achetez un robot, vous pouvez en général le déduire immédiatement en tant que dépense professionnelle », ce qui signifie que « le système fiscal vous pousse à remplacer les personnes par des machines ». Selon lui, « une taxe ralentirait un peu la ruée loin du travail humain et permettrait de lever des fonds pour la reconversion et un filet de sécurité plus solide ». Dans le même essai, Bill Gates propose aussi de réserver certaines fonctions comme « Human Reserved », c’est-à-dire d’interdire l’usage de l’IA dans des tâches spécifiques. Il avance des raisons économiques, expliquant que l’on pourrait décider de classer un rôle en « Human Reserved » parce que laisser les machines le prendre « déplacera un grand nombre de personnes qui ne peuvent pas facilement changer d’emploi ». Il illustre cela par le cas d’un ouvrier du bâtiment de 55 ans à qui l’on ne peut pas simplement dire d’aller travailler en maison de retraite en espérant qu’il s’y épanouisse. Gates met également en avant des motifs éthiques et humains pour définir ces zones « Human Reserved ». Il demande par exemple au lecteur d’imaginer « un robot qui vous annonce la terrible nouvelle que vous avez une maladie incurable ». Techniquement, « il n’y a aucune raison pour qu’il ne puisse pas le faire », mais, dit-il, « il ne devrait pas ». Il affirme que ce domaine « Human Reserved » évoluera avec le temps et suggère de « réserver dès maintenant certains emplois et de déployer l’IA progressivement sur des années ou des décennies, avec un engagement à préserver certains emplois ». L’article souligne enfin que ces deux idées – taxe robot et emplois « Human Reserved » – entameraient sérieusement les profits des grands laboratoires d’IA, ce qui pourrait expliquer qu’elles aient été peu mises en avant jusqu’ici. Il est également précisé qu’un grand nombre de questions restent ouvertes, notamment sur l’autorité qui fixerait ces règles et sur la teneur exacte des mesures si elles étaient appliquées.
Pourquoi c’est important
Les propositions de Bill Gates interviennent au moment où les débats sur les risques et bénéfices de l’IA se concentrent souvent sur la sûreté technique et la régulation des modèles. En mettant l’accent sur une « taxe robot » et sur des emplois explicitement « réservés aux humains », l’ancien dirigeant de Microsoft déplace le centre de gravité vers la fiscalité, le marché du travail et l’architecture des filets de sécurité sociale. Il souligne que le système fiscal actuel incite les entreprises à préférer les machines aux salariés en permettant de déduire l’achat de robots tout en taxant fortement la masse salariale, et propose d’utiliser une taxation ciblée pour financer la reconversion professionnelle et renforcer la protection sociale. La notion d’emplois « Human Reserved » ouvre, de son côté, un nouveau front politique et éthique dans la régulation de l’IA. Elle invite les décideurs à définir des domaines où l’intervention humaine doit être préservée, pour des raisons à la fois économiques – éviter de déplacer des travailleurs qui ne peuvent pas aisément changer de métier – et humaines, comme le fait de ne pas laisser à des systèmes automatisés l’annonce de diagnostics médicaux incurables. En proposant d’inscrire ces limites dans la durée, tout en acceptant qu’elles évoluent, Bill Gates contribue à structurer un agenda de politiques publiques qui pourrait peser directement sur les modèles économiques des grands laboratoires d’IA et sur la façon dont les sociétés organiseront la coexistence entre travail humain et automatisation.
Questions fréquentes
Que propose Bill Gates avec la « taxe robot » ?
Il propose de taxer davantage les robots afin de ralentir la substitution du travail humain et de financer la reconversion et un filet de sécurité plus solide.
Que signifie la notion d’emplois « Human Reserved » ?
Ce sont des emplois ou tâches où l’usage de l’IA serait interdit, pour préserver des postes humains pour des raisons économiques ou éthiques.
Pourquoi Bill Gates critique-t-il le système fiscal actuel ?
Il estime que le système fiscal pousse les entreprises à remplacer les personnes par des machines en taxant l’emploi et en permettant de déduire l’achat de robots.
Quels secteurs sont cités pour illustrer les emplois « Human Reserved » ?
Il évoque notamment la construction, les soins aux personnes âgées et l’annonce de diagnostics médicaux graves comme exemples de situations sensibles.
Quels obstacles Bill Gates identifie-t-il à ses propositions ?
L’article note que ses idées réduiraient les profits des grands laboratoires d’IA et que de nombreuses questions restent ouvertes sur les règles et les autorités compétentes.
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TechCrunchAuteur
Rédaction IA-MediasRédaction spécialisée dans la veille et l'analyse de l'actualité de l'intelligence artificielle, des puces IA, des robots, des agents IA et de la recherche.