ClickUp licencie 22 % de ses effectifs et mise sur 3 000 agents d’IA pour réinventer le travail

D'après TechCrunch (25 mai 2026 à 18h00)

Résumé

ClickUp a supprimé 22 % de ses postes tout en affirmant qu’il ne s’agit pas d’un plan d’économies, mais d’un basculement massif vers l’IA. L’éditeur de logiciel collaboratif déploie environ 3 000 agents d’IA internes, promet des « salaires à un million de dollars » aux employés les plus efficaces avec l’IA et entend devenir une « organisation multipliée par 100 ».

Les faits

Le PDG de ClickUp, Zeb Evans, affirme que l’IA est sur le point de déclencher des gains de productivité sans précédent, récompensant largement les salariés qui l’exploitent et remplaçant ceux qui ne le font pas. Il revendique que ce basculement est imminent pour son entreprise. Jeudi dernier, Evans a annoncé sur X que ClickUp, valorisée 4 milliards de dollars en 2021, a licencié 22 % de ses effectifs. Il présente cette réduction non comme une mesure de réduction des coûts, mais comme une « adoption radicale » de l’IA destinée à faire passer la société « au niveau supérieur ». Selon lui, « la plupart des économies réalisées grâce à ce changement seront directement réinjectées dans les personnes qui restent » et l’entreprise va « introduire des grilles salariales à un million de dollars », avec une rémunération hors des bandes traditionnelles pour ceux qui créent un impact disproportionné grâce à l’IA. ClickUp a récemment déployé environ 3 000 agents d’IA internes chargés de gérer un large éventail de tâches complexes pour le compte des employés. Au lieu d’exécuter eux-mêmes ces tâches, les salariés sont désormais censés piloter ces agents et vérifier ensuite leurs résultats pour s’assurer qu’ils répondent aux standards de l’entreprise. L’objectif affiché par Evans est de transformer ClickUp en « organisation multipliée par 100 » grâce à l’IA. Le pari de ClickUp s’inscrit dans une tendance plus large : un sondage récent de Gartner indique qu’environ 80 % des entreprises utilisant des technologies autonomes ont supprimé des emplois. L’étude souligne toutefois que ces réductions d’effectifs ne se traduisent pas nécessairement par des retours financiers significatifs. Evans soutient au contraire que ClickUp constate déjà des gains de productivité liés aux agents d’IA, qu’il mesure en interne et compte intégrer dans un futur produit destiné à ses clients. Il résume cette approche ainsi : « au lieu de gamifier le coût en jetons, nous gamifions la valeur créée et le temps économisé ». Dans son message, Evans affirme que « les personnes qui automatisent leur travail avec l’IA auront toujours un emploi ». Mais il reconnaît qu’à mesure que l’IA prendra en charge davantage de tâches, ClickUp aura besoin de de moins en moins de personnel, ce qui aboutira à l’élimination de ceux qui ne parviendront pas à automatiser efficacement leurs fonctions. Le cas de ClickUp fait écho à un scénario depuis longtemps théorisé dans les cercles technologiques. L’article cite un exemple extrême : Polsia, une jeune pousse d’un an qui affirme gérer l’ensemble des opérations logicielles pour des solopreneurs avec un seul employé, son fondateur et PDG Ben Broca, et qui vient de lever 30 millions de dollars pour une valorisation de 250 millions de dollars.

Pourquoi c’est important

La restructuration de ClickUp illustre un tournant dans la manière dont certaines entreprises technologiques envisagent la relation entre emploi et IA. En assumant publiquement qu’un cinquième des postes peuvent être supprimés au profit d’environ 3 000 agents d’IA internes, tout en promettant des « salaires à un million de dollars » aux employés capables d’orchestrer ces systèmes, la société pose les bases d’un modèle où une minorité très qualifiée pilote une armée d’agents autonomes. Ce mouvement intervient alors qu’un sondage Gartner montre que près de 80 % des entreprises utilisant des technologies autonomes ont déjà procédé à des suppressions de postes, sans que ces coupes ne produisent automatiquement de meilleurs résultats financiers. Le cas ClickUp devient ainsi un test grandeur nature : soit il démontrera qu’une « organisation multipliée par 100 » grâce à l’IA peut émerger, soit il nourrira les critiques qui voient dans l’argument de l’IA une justification commode pour réduire les effectifs sans bénéfice durable.

Questions fréquentes

Quel pourcentage de ses effectifs ClickUp a-t-il licencié ?

ClickUp a licencié 22 % de sa main-d’œuvre, une décision présentée par le PDG Zeb Evans comme une adoption radicale de l’intelligence artificielle plutôt qu’un plan de réduction des coûts.

Combien d’agents d’IA internes ClickUp a-t-il déployés ?

ClickUp a mis en place environ 3 000 agents d’IA internes chargés de traiter un large éventail de tâches complexes pour le compte des employés, qui doivent désormais les diriger et valider leurs résultats.

Que promet Zeb Evans aux employés qui utilisent efficacement l’IA ?

Zeb Evans promet d’introduire des « grilles salariales à un million de dollars » et assure que les personnes créant un impact disproportionné grâce à l’IA seront payées en dehors des bandes de rémunération traditionnelles.

Que révèle l’étude de Gartner citée dans l’article ?

Selon un sondage Gartner, environ 80 % des entreprises utilisant des technologies autonomes ont supprimé des emplois, mais ces réductions d’effectifs ne se traduisent pas nécessairement par des retours financiers significatifs.

Quel est l’objectif de ClickUp en matière de productivité grâce à l’IA ?

Zeb Evans vise à faire de ClickUp une « organisation multipliée par 100 » et explique que l’entreprise « gamifie la valeur créée et le temps économisé » plutôt que le coût en jetons de l’usage de l’IA.

Source

TechCrunch

Auteur

Rédaction IA-Medias

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