Cloudflare impose ses règles aux IA et monétise les contenus

D'après TechCrunch (1 juillet 2026 à 19h48)

Résumé

Cloudflare va bloquer par défaut les crawlers IA mixtes sur les pages avec publicités et étend son modèle Pay Per Crawl en « Pay Per Use » pour rémunérer les éditeurs.

Les faits

Cloudflare impose un nouveau cadre aux acteurs de l’intelligence artificielle en leur donnant une échéance pour séparer les crawlers dédiés à la recherche traditionnelle de ceux utilisés pour l’entraînement des modèles et les agents IA. À partir du 15 septembre 2026, les paramètres par défaut de Cloudflare bloqueront les crawlers « à usage mixte » sur toutes les pages qui hébergent des publicités, sauf si le propriétaire du site modifie explicitement ses réglages. Cette modification des paramètres par défaut s’appliquera aux nouveaux clients Cloudflare, aux nouveaux sites créés par les clients existants ainsi qu’à l’ensemble des clients gratuits. Le groupe souligne que la majorité des propriétaires de sites souhaitent rester visibles via la recherche et, souvent, via certains services IA, mais réclament des protections pour éviter que leur propriété intellectuelle ne soit « offerte gratuitement ». Cloudflare met en cause le « plus grand moteur de recherche au monde », qu’il décrit comme ayant accès à « deux fois plus d’informations » que les autres entreprises IA, en raison du fait qu’il est difficile pour les clients de rester visibles sans être utilisés pour l’IA. L’entreprise rappelle que Google a déjà répliqué en mettant en avant son bot Google Extended, qui permet aux sites de se retirer de l’entraînement et des produits IA comme Gemini Apps et Vertex API, sans affecter leur présence dans Google Search, tandis que le bot principal Googlebot continue de crawler pour la recherche, y compris pour des fonctionnalités IA comme AI Overviews et AI Mode. Dans l’annonce, le cofondateur et directeur général de Cloudflare, Matthew Prince, justifie ce virage par le basculement récent où la majorité du trafic sur Internet est désormais non humain, un seuil qui n’était pas attendu avant l’année suivante. Il déclare : « Maintenant que la majorité du trafic sur Internet est non humain, nous devons aller plus loin et agir plus vite afin qu’un écosystème durable puisse émerger », en mettant en avant que les nouveaux outils et partenariats de Cloudflare doivent donner aux éditeurs davantage de visibilité et d’opportunités commerciales, tout en favorisant les bots aux intentions claires et transparentes. Parallèlement, Cloudflare fait évoluer ses produits destinés aux éditeurs dans l’ère de l’IA. Après avoir lancé des outils pour combattre les bots IA, dont un marketplace permettant aux sites de facturer les bots pour le scraping, baptisé Pay Per Crawl, l’entreprise annonce que ce mécanisme devient « Pay Per Use ». Ce nouveau modèle doit permettre aux éditeurs de facturer les entreprises d’IA lorsque leur contenu crée de la valeur, et pas seulement lorsqu’il est récupéré, tout en réduisant le gaspillage de bande passante et de ressources de calcul lié aux crawlers IA, Cloudflare indiquant que plus de 50 % du trafic de crawl des bots IA consiste à recharger des pages inchangées. Pour concrétiser ce modèle, Cloudflare travaille initialement avec deux partenaires, Ceramic.ai et You.com. Les éditeurs qui optent pour ce système sont rémunérés lorsque leur contenu apparaît dans les résultats de recherche IA de Ceramic ou lorsque You.com accède à un contenu premium sur leur site. Cloudflare précise que les autres entreprises d’IA peuvent adapter ce modèle à leurs propres modes de fonctionnement.

Pourquoi c’est important

Cette nouvelle politique de Cloudflare marque un tournant dans les relations entre éditeurs et entreprises d’IA. En conditionnant l’accès aux contenus à la séparation des usages de crawl et en bloquant par défaut les bots mixtes sur les pages monétisées par la publicité, le groupe cherche à rééquilibrer le rapport de force entre fournisseurs d’infrastructures, géants de la recherche et éditeurs confrontés à la massification du trafic non humain. L’évolution de Pay Per Crawl en « Pay Per Use » ouvre par ailleurs la voie à une monétisation plus fine des contenus dans l’écosystème IA, en liant la rémunération non plus seulement au volume de scraping mais à la valeur réellement générée par les usages IA. Les premiers partenariats avec Ceramic.ai et You.com illustrent un modèle où les éditeurs sont payés lorsque leurs contenus sont intégrés dans des résultats de recherche IA ou consommés comme contenus premium, préfigurant de nouveaux standards économiques pour l’accès aux contenus web par les modèles et agents d’intelligence artificielle.

Questions fréquentes

Que change Cloudflare pour les crawlers IA à partir du 15 septembre 2026 ?

Les crawlers à usage mixte seront bloqués par défaut sur les pages avec publicités, sauf si le propriétaire du site modifie les paramètres.

Quels types de clients Cloudflare sont concernés par ces nouveaux paramètres par défaut ?

Les nouveaux clients, les nouveaux sites des clients existants et tous les clients gratuits sont concernés.

Pourquoi Cloudflare critique le « plus grand moteur de recherche au monde » ?

Cloudflare estime qu’il a accès à environ deux fois plus d’informations que les autres entreprises IA en rendant la visibilité difficile sans usage IA.

Qu’est-ce que le modèle « Pay Per Use » annoncé par Cloudflare ?

Il permet aux éditeurs de facturer les entreprises d’IA lorsque leur contenu crée de la valeur, et pas seulement lorsqu’il est récupéré.

Avec quels partenaires Cloudflare lance son modèle Pay Per Use ?

Cloudflare travaille initialement avec Ceramic.ai et You.com pour rémunérer les éditeurs via ce modèle.

Source

TechCrunch

Auteur

Rédaction IA-Medias

Rédaction spécialisée dans la veille et l'analyse de l'actualité de l'intelligence artificielle, des puces IA, des robots, des agents IA et de la recherche.