Un créateur drague avec l'IA et inonde les DM

D'après TechCrunch (2 juillet 2026 à 14h00)

Résumé

Des utilisateurs détournent OpenClaw et Claude pour automatiser drague, organisation de rendez-vous et ruptures, soulevant des questions sur vie privée et intimité.

Les faits

Le créateur de contenus et fondateur de startup Ben Guez affirme avoir « plein de potentielles femmes internationales dans [ses] DMs », grâce à un script automatisé construit avec l’agent open source OpenClaw, du code Claude et des « trial reels » Instagram. Il diffuse après chaque match de Coupe du monde une vidéo quasi identique où il regarde par la fenêtre d’un train, l’air abattu, avec la légende : « Je ne peux pas croire que {PAYS} a perdu… Si des filles de {PAYS} ont besoin de soutien émotionnel… mes DMs sont ouverts. » Guez a publié plus d’une douzaine de ces vidéos en ne changeant que le nom du pays, sans que cela apparaisse sur son profil public, les « trial reels » étant invisibles aux visiteurs. Depuis le lancement de cette automatisation, il revendique plus d’un million de vues et 200 messages privés en quelques jours, alors même qu’il précise dans son profil qu’il ne répond qu’aux DM envoyés via Canary, son application d’apprentissage des langues par IA, obligeant ces femmes à la télécharger. « Je pense que c’est fou, le potentiel est dingue en ce moment », explique-t-il, assurant que « tant que tu es ouvert sur ce que tu fais, je pense que ça va ». D’autres utilisateurs mobilisent OpenClaw de manière moins spectaculaire, mais toujours dans le cadre des rencontres. Jeff Weisbein, fondateur d’une agence de relations publiques tech, utilise l’agent pour préparer ses rendez-vous dans différents quartiers du sud de la Floride. Il décrit son bot qui « fait toutes les recherches et rédige un document avec des liens expliquant pourquoi c’est un bon choix pour tel type de rendez-vous ». Weisbein assume dire à ses partenaires qu’il recourt à l’IA pour planifier les sorties, même si cela lui a valu un retour cinglant d’une femme qui lui a déclaré : « Je déteste les agents IA ». Il distingue cependant cette aide logistique du recours à l’IA pour dialoguer avec les femmes, estimant qu’« on ne devrait pas déléguer sa communication dans une relation à l’IA ». L’usage de l’IA ne se limite pas à la phase de séduction : une salariée du secteur tech, Cailey, explique qu’elle utilise Claude pour mettre fin à des échanges. Elle a mis en place une automatisation qui génère des messages du type « Je ne souhaite plus te voir » à partir de quelques mots-clés sur le rendez-vous, puis les envoie automatiquement à des moments aléatoires afin de réduire son propre stress. « Ça marchait très bien, jusqu’à ce que j’en parle à quelqu’un avec qui j’étais en rendez-vous, à qui j’ai ensuite dû envoyer un message automatisé, et il m’a demandé s’il parlait à Claude ou à Cailey », confie-t-elle. Ces usages se développent alors qu’OpenClaw a fait sensation au printemps par son potentiel, suscitant simultanément des alertes de spécialistes de la sécurité sur les risques liés au fait de donner à un assistant IA un contrôle large sur des comptes personnels. Lazer Cohen, cofondateur de NanoClaw, une alternative à OpenClaw axée sur la sécurité, insiste sur la nécessité de conserver une validation humaine « chaque fois que vous donnez à un agent l’accès à des informations personnelles et des comptes ». Il évoque des « histoires d’OpenClaw créant des profils de rencontre pour des personnes sans leur connaissance ou leur consentement, ou de coachs de rencontre OpenClaw qui révèlent à d’autres groupes qu’ils sont utilisés comme coachs ». Cohen utilise lui-même NanoClaw dans sa vie familiale : avec sa femme, ils se reposent sur leur assistante NanoClaw, Rosie, pour gérer les emplois du temps de leurs cinq enfants, et souligne que les « claws » sont largement employés pour aider les couples à atteindre la phase de parentalité.

Pourquoi c’est important

Cette série de témoignages illustre une nouvelle étape dans l’intégration des agents IA dans la sphère intime. OpenClaw et Claude ne sont plus seulement des outils de productivité ou de recherche, mais des instruments de séduction de masse, d’optimisation de rendez-vous et même d’automatisation de ruptures. Les exemples de Ben Guez, Jeff Weisbein et Cailey montrent une ligne de fracture entre tâches logistiques que beaucoup acceptent de déléguer et communication émotionnelle que certains jugent inaliénable. Parallèlement, les mises en garde de Lazer Cohen mettent en lumière les risques concrets de ces délégations : création de profils de rencontre sans consentement, circulation non maîtrisée d’informations privées et besoin de « human-in-the-loop » dès qu’un agent accède à des comptes personnels. Entre efficacité, créativité marketing – Guez redirige ses prétendantes vers son application Canary – et enjeux de vie privée, ces usages soulèvent des questions lourdes pour la régulation des agents IA, la protection des données et la définition de ce qui doit rester fondamentalement humain dans les relations affectives.

Questions fréquentes

Comment Ben Guez utilise OpenClaw et Claude pour rencontrer des femmes ?

Il automatise des vidéos Instagram liées aux résultats de la Coupe du monde, invitant des supportrices à lui écrire en DM, générées via OpenClaw et Claude.

Quels résultats Ben Guez affirme avoir obtenus avec son script OpenClaw ?

Depuis le lancement de l’automatisation, il revendique plus d’un million de vues et 200 messages privés en quelques jours sur Instagram.

À quoi sert OpenClaw dans l’organisation de rendez-vous de Jeff Weisbein ?

Son bot recherche des lieux et rédige un document avec des liens justifiant chaque endroit selon le type de rendez-vous dans le sud de la Floride.

Comment Cailey utilise Claude dans sa vie amoureuse ?

Elle a créé une automatisation qui rédige et envoie des messages de rupture, basés sur quelques mots-clés, à des moments aléatoires pour réduire son anxiété.

Pourquoi Lazer Cohen met-il en garde contre les agents IA comme OpenClaw ?

Il souligne les risques de donner accès à des informations personnelles sans validation humaine, citant des profils de rencontre créés sans consentement.

Source

TechCrunch

Auteur

Rédaction IA-Medias

Rédaction spécialisée dans la veille et l'analyse de l'actualité de l'intelligence artificielle, des puces IA, des robots, des agents IA et de la recherche.