Goldman Sachs parie sur l'IA dans l'économie physique

D'après Axios (26 juin 2026 à 15h00)

Résumé

Goldman Sachs voit la prochaine vague majeure d’investissements IA se déplacer des laboratoires vers l’économie physique, des usines aux mines, avec 7,6 billions de dollars prévus.

Les faits

Dans un rapport partagé avec Axios, Goldman Sachs estime que la prochaine phase d’adoption de l’intelligence artificielle se jouera dans l’« économie physique », des usines aux mines, en passant par les services publics et les plateformes pétrolières. La banque anticipe que les futurs accords et flux de capitaux se concentreront sur le déploiement de l’IA dans l’économie réelle, alors que l’attention des investisseurs reste aujourd’hui largement tournée vers les laboratoires d’IA dits de pointe. Goldman Sachs chiffre à environ 7,6 billions de dollars les investissements mondiaux dans les infrastructures IA entre 2026 et 2031, couvrant la puissance de calcul, les centres de données et l’énergie. Le rapport souligne que les logiciels ne représentent que moins de 0,5 % du PIB mondial, laissant « les 99,5 % restants » comme nouveau terrain de jeu pour l’IA. « Nous commençons à peine » à voir l’impact de l’IA sur les entreprises industrielles, affirme Mark Sorrell, responsable mondial du secteur industriel chez Goldman Sachs. Les frontières traditionnelles entre entreprises technologiques et industrielles se brouillent, selon la banque. Jung Min, co-responsable mondial de la technologie, des médias et des télécommunications, explique que l’IA a rendu les entreprises technologiques plus collaboratives avec les acteurs non technologiques. Sorrell décrit un basculement des discussions avec les dirigeants manufacturiers : la question n’est plus de savoir si les usines adopteront l’IA, mais à quelle vitesse l’automatisation se diffusera. À l’horizon d’une décennie, nombre d’acteurs anticipent des lignes de production davantage confiées aux robots qu’aux travailleurs humains, en particulier pour les tâches dangereuses. Goldman Sachs estime que l’IA progresse plus vite que les capitaux nécessaires à son déploiement, ce qui peut nourrir autant l’optimisme que les craintes d’une bulle de marché. Jung Min juge toutefois « sain » que les entreprises mobilisent de nouvelles sources de financement pour répondre à la demande d’IA dans l’ensemble de l’économie. Le rapport souligne que déterminer « quels secteurs prospèrent et lesquels stagnent » relève « autant d’un enjeu d’architecture du capital que d’ingénierie ». Cette dynamique se traduit déjà dans les transactions : les fusions-acquisitions technologiques atteignent 566 milliards de dollars en 2026, contre 334 milliards sur l’ensemble de 2025, d’après des données Dealogic citées par Goldman. Malgré les tensions géopolitiques, Sorrell affirme que les opérations ne ralentissent pas, notamment grâce à la détente des prix mondiaux de l’énergie. Dans les conseils d’administration, ces mutations créent un sentiment d’urgence. « Il y a clairement un peu de : si je ne bouge pas, est-ce que je vais être laissé de côté ? », rapporte Sorrell à propos des échanges avec les clients corporate. Pour Goldman Sachs, la prochaine étape de l’IA ne se limitera pas à la Silicon Valley : elle sera de plus en plus construite au cœur de l’économie physique, dans les secteurs industriels et énergétiques.

Pourquoi c’est important

La vision portée par Goldman Sachs marque un déplacement stratégique de l’IA, du monde numérique vers les infrastructures et activités industrielles. En insistant sur les 99,5 % de l’économie mondiale qui échappent encore largement aux logiciels, la banque suggère un cycle d’investissement massif dans la puissance de calcul, les centres de données et l’énergie pour accompagner ce basculement. Cette analyse éclaire les décisions des dirigeants et des investisseurs confrontés à une double pression : l’urgence de ne pas « être laissé de côté » et la nécessité de repenser l’architecture du capital pour financer l’IA à l’échelle de l’économie réelle. L’essor des M&A tech, l’intensification de la collaboration entre groupes technologiques et industriels et la perspective de chaînes de production largement robotisées dessinent une recomposition profonde des industries, avec des enjeux sociaux, énergétiques et de compétitivité globale.

Questions fréquentes

Que prévoit Goldman Sachs pour les investissements dans l’IA d’ici 2031 ?

La banque prévoit environ 7,6 billions de dollars d’investissements mondiaux dans l’infrastructure IA entre 2026 et 2031.

Quel est le nouveau « front » de l’IA selon Goldman Sachs ?

Goldman Sachs situe la prochaine vague de l’IA dans l’économie physique : usines, mines, services publics et plateformes pétrolières.

Quelle part du PIB mondial représente aujourd’hui le logiciel ?

Selon Goldman Sachs, les logiciels représentent moins de 0,5 % du PIB mondial, laissant « les 99,5 % restants » comme nouveau terrain pour l’IA.

Comment évoluent les fusions-acquisitions dans la tech en 2026 ?

Les M&A technologiques atteignent déjà 566 milliards de dollars en 2026, contre 334 milliards sur l’ensemble de l’année 2025.

Pourquoi les dirigeants industriels se sentent-ils sous pression ?

Mark Sorrell rapporte qu’ils craignent d’« être laissés de côté » s’ils ne se mobilisent pas assez vite sur l’IA et l’automatisation.

Source

Axios

Auteur

Rédaction IA-Medias

Rédaction spécialisée dans la veille et l'analyse de l'actualité de l'intelligence artificielle, des puces IA, des robots, des agents IA et de la recherche.