L'IA crée des emplois, même juniors, dans les entreprises
D'après TechCrunch (30 juin 2026 à 06h01)
Résumé
Un rapport de Ramp et Revelio Labs montre que les entreprises investissant fortement dans l’IA augmentent leurs effectifs, y compris juniors, à rebours des scénarios alarmistes.
Les faits
Les craintes de pertes d’emplois liées à l’intelligence artificielle s’alimentent à chaque annonce de licenciements. Jusqu’en mai 2026, les entreprises ont ainsi annoncé près de 90 000 suppressions de postes attribuées à l’IA, tandis que certaines projections évoquent jusqu’à 15 % des emplois américains supprimés au cours des cinq prochaines années. Ces promesses de création de nouveaux métiers grâce à l’IA peinent à rassurer, notamment les jeunes générations qui doutent de leurs perspectives d’embauche à la sortie des études. Un rapport récent de Ramp et Revelio Labs, qui suivent respectivement les dépenses d’IA des entreprises et les données de personnel de près de 22 000 sociétés, vient nuancer ce tableau sombre. Les auteurs montrent que les entreprises qui dépensent fortement dans l’IA augmentent leurs effectifs plus vite, y compris sur les postes d’entrée de carrière souvent jugés menacés. Les « adopteurs à haute intensité » – des entreprises qui consacrent en moyenne 30 dollars par salarié et par mois à l’IA sur les trois premiers mois – ont ainsi vu leurs effectifs progresser de 10,2 %. La hausse des effectifs concerne plusieurs fonctions : ingénierie, ventes, administration, service client, finances, marketing et métiers de scientifiques. La croissance la plus forte est observée dans le secteur de l’information, qui regroupe les logiciels, l’internet, les médias et les entreprises proches de la technologie. Les auteurs du rapport soulignent toutefois que ces données se concentrent sur des entreprises orientées vers la technologie et le travail de connaissance, souvent en forte croissance, ce qui complique l’attribution directe des embauches à l’IA. Les chercheurs prennent soin de préciser que « ce document ne montre pas que l’IA crée des emplois de manière universelle », mais qu’il « contredit les affirmations selon lesquelles l’IA entraînera des pertes d’emplois généralisées ». Le rapport contredit aussi l’idée que l’IA éliminerait tous les postes juniors. Des travaux récents de Goldman Sachs estiment que l’IA a effacé environ 16 000 emplois nets par mois sur l’année écoulée, en touchant particulièrement la génération Z et les travailleurs débutants. Pourtant, dans les entreprises technologiques étudiées, le nombre de postes d’entrée de carrière a augmenté de 12 %. Les auteurs avancent une explication : l’IA ne serait pas toujours un outil de substitution de la main-d’œuvre, mais aussi un levier d’expansion pour l’entreprise. « Pour les entreprises de logiciels et de technologie, l’IA peut rendre la production de l’offre principale moins coûteuse ou plus rapide : écrire du code, déboguer, créer des outils internes, produire de la documentation technique et soutenir le développement de produits », indiquent-ils. Des coûts de production plus faibles dans ces processus augmentent la rentabilité de l’extension de l’ensemble de l’entreprise, et pas seulement des équipes d’ingénierie. Le rapport observe par ailleurs que les entreprises qui se contentent d’acheter des abonnements et de lancer des pilotes sans investir de manière soutenue ne voient pas de gains d’effectifs. Cette situation pourrait ouvrir la voie à un fossé croissant entre les sociétés disposant de ressources – capital, compétences techniques, réseaux de fondateurs, capacité de management – pour transformer l’adoption de l’IA en gains économiques, et celles qui restent cantonnées à des expérimentations. Les auteurs envisagent que ce clivage puisse perdurer et notent que « les entreprises dépourvues de ces canaux pourraient prendre du retard ».
Pourquoi c’est important
Ce rapport remet en question le récit dominant d’une IA essentiellement destructrice d’emplois. Il montre que, dans les entreprises technologiques qui investissent de façon intensive, l’IA peut s’accompagner d’une croissance des effectifs, y compris sur les postes juniors souvent perçus comme les plus vulnérables. La hausse de 10,2 % des effectifs et de 12 % des emplois d’entrée de carrière dans ces entreprises souligne que l’IA peut être utilisée comme facteur d’expansion et non uniquement de substitution. L’étude met aussi en lumière un risque structurel : un écart croissant entre les entreprises capables de convertir l’IA en gains business et celles qui restent au stade expérimental. En montrant que seules les organisations disposant de capital, de compétences techniques et de bande passante managériale tirent des bénéfices en termes d’embauche, le rapport pose la question d’une nouvelle ligne de fracture dans l’économie numérique, où l’IA renforcerait les acteurs déjà bien dotés plutôt que de redistribuer les opportunités.
Questions fréquentes
Que montre le rapport de Ramp et Revelio Labs sur l’IA et l’emploi ?
Il montre que les entreprises investissant fortement dans l’IA augmentent leurs effectifs, avec une hausse de 10,2 % des emplois et 12 % des postes juniors.
Qui sont les « adopteurs à haute intensité » de l’IA ?
Ce sont des entreprises qui dépensent en moyenne 30 dollars par employé et par mois en IA durant les trois premiers mois de leur adoption.
Dans quels métiers la hausse des effectifs est-elle observée ?
Dans l’ingénierie, les ventes, l’administration, le service client, les finances, le marketing et les fonctions scientifiques.
L’IA crée-t-elle des emplois partout selon ce rapport ?
Les auteurs précisent que le document ne montre pas une création universelle d’emplois, mais qu’il contredit l’idée de pertes généralisées.
Que se passe-t-il dans les entreprises qui se limitent à des pilotes IA ?
Celles qui achètent des abonnements et lancent des pilotes sans investissements soutenus ne constatent pas de gains d’effectifs.
Source
TechCrunchAuteur
Rédaction IA-MediasRédaction spécialisée dans la veille et l'analyse de l'actualité de l'intelligence artificielle, des puces IA, des robots, des agents IA et de la recherche.