Le NYT accuse Microsoft d'un supercalculateur anti-copyright
D'après Ars Technica (26 juin 2026 à 22h04)
Résumé
Le New York Times a durci sa plainte contre Microsoft et OpenAI, accusant un supercalculateur sur mesure d’avoir facilité des violations massives de droits d’auteur.
Les faits
Dans une plainte amendée, le New York Times affirme que Microsoft a construit un supercalculateur sur mesure destiné à aider OpenAI à enfreindre les droits d’auteur du journal. L’éditeur soutient que cette infrastructure a été pensée pour entraîner des modèles sur l’ensemble d’Internet, avec un poids disproportionné accordé aux articles du NYT. Selon la plainte, Microsoft aurait spécifiquement conçu ce supercalculateur pour utiliser « pratiquement tout Internet », en le « configurant pour mettre de manière disproportionnée en avant les œuvres du Times » afin de former « le modèle de langage le plus performant de l’histoire ». Le NYT estime ainsi que l’objectif était d’exploiter massivement ses contenus protégés sans autorisation. Le Times explique que la modification de sa plainte intervient après une décision récente de la Cour suprême des États‑Unis dans une affaire Sony contre Cox, qui a relevé le seuil de preuve pour l’atteinte au droit d’auteur par contribution. Les plaignants doivent désormais démontrer qu’une partie a intentionnellement incité à une conduite illégale, et le journal affirme que les éléments obtenus en procédure préliminaire répondent précisément à cette exigence. Toujours selon la plainte amendée, le NYT soutient que le déploiement de modèles d’OpenAI entraînés sur ses articles a contribué à gonfler la capitalisation boursière de Microsoft d’environ 1 000 milliards de dollars sur l’année écoulée. Les documents de procédure incluent des sessions de ChatGPT montrant des utilisateurs contournant les paywalls du journal en demandant « le paragraphe suivant » et des réponses où le modèle restitue, sans y être invité, de longs extraits quasi mot pour mot d’articles du Times.
Pourquoi c’est important
L’escalade du conflit entre le New York Times, Microsoft et OpenAI marque une nouvelle étape dans la bataille juridique autour de l’entraînement des modèles d’IA sur des contenus protégés. En ciblant directement l’architecture même du supercalculateur de Microsoft, le journal met en cause non seulement les usages des modèles, mais aussi les investissements d’infrastructure conçus pour absorber des corpus massifs d’articles sous copyright. Cette affaire pourrait devenir un cas de référence pour la responsabilité des grands acteurs technologiques en matière de droits d’auteur à l’ère de l’IA générative. Si la justice retenait l’argument d’« incitation intentionnelle » fondé sur la décision Sony contre Cox, les plateformes d’IA et leurs partenaires industriels pourraient être contraintes de revoir en profondeur la manière dont elles collectent, sélectionnent et exploitent les contenus de presse dans leurs systèmes d’entraînement.
Questions fréquentes
Que reproche le New York Times à Microsoft dans cette plainte amendée ?
Le NYT accuse Microsoft d’avoir construit un supercalculateur sur mesure pour aider OpenAI à enfreindre ses droits d’auteur à grande échelle.
Quel rôle joue le supercalculateur dans l’accusation du NYT ?
La plainte affirme qu’il a été conçu pour entraîner des modèles sur presque tout Internet, en mettant fortement en avant les articles du Times.
Pourquoi le New York Times a‑t‑il modifié sa plainte maintenant ?
Le journal réagit à une décision récente de la Cour suprême dans l’affaire Sony contre Cox, qui impose de prouver une incitation intentionnelle.
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Comment le NYT illustre‑t‑il les violations alléguées de copyright ?
La plainte cite des sessions ChatGPT contournant les paywalls en demandant « le paragraphe suivant » et reproduisant des extraits quasi mot pour mot.
Source
Ars TechnicaAuteur
Rédaction IA-MediasRédaction spécialisée dans la veille et l'analyse de l'actualité de l'intelligence artificielle, des puces IA, des robots, des agents IA et de la recherche.