Trump lance son « AI Force » et nomme un tsar de l'IA

D'après Axios (19 septembre 2026 à 02h00)

Résumé

Donald Trump annonce la création d’une « AI Force » calquée sur la Space Force et la nomination prochaine d’un tsar de l’IA, dans une approche très peu régulatrice.

Les faits

Samedi, le président Donald Trump a annoncé la création d’une « AI Force », conçue sur le modèle de la Space Force, ainsi que la nomination prochaine d’un nouveau « tsar de l’IA » chargé de superviser les initiatives américaines en matière d’intelligence artificielle. Il s’agit pour lui de renforcer le développement de l’IA tout en maintenant une régulation minimale. Dans un message publié sur Truth Social, Trump affirme que le gouvernement ne « gênera ni n’étouffera en aucune façon » la croissance de l’IA, tout en recherchant les comportements « MAUVAIS » au moyen « de notre système de justice pénale et civile déjà existant ». Il compare explicitement cette future AI Force à la Space Force, une branche militaire instaurée par le Congrès lors de son premier mandat. La Maison Blanche n’a fourni pour l’instant aucun détail sur les missions, le budget ou le positionnement institutionnel de cette nouvelle structure. Cette annonce intervient alors que Trump durcit sa ligne anti‑régulation au terme d’un mois marqué par des mises en garde répétées issues de l’industrie de l’IA. Le directeur général d’Anthropic Dario Amodei, celui d’OpenAI Sam Altman, le patron de SpaceX Elon Musk et Demis Hassabis — le lauréat du prix Nobel qui a cofondé et préside Google DeepMind — ont tous appelé à ralentir le développement de l’IA à mesure que leurs systèmes gagnent en puissance. Le chercheur en alignement chez Anthropic Evan Hubinger a récemment déclaré qu’il estime personnellement à plus de 10 % la probabilité que l’IA puisse « tuer tous les humains » d’ici dix ans. Trump a répliqué en qualifiant ces craintes de « canular » et en estimant que le seul garde‑fou nécessaire est un président « fort et intelligent ». Parallèlement, la fonction de tsar de l’IA que Trump veut réactiver correspond à un rôle que la Maison Blanche ne prévoyait plus de pourvoir il y a six mois. David Sacks a quitté en mars ses fonctions formelles de tsar de l’IA et des cryptomonnaies, même s’il demeure influent en tant que coprésident du Conseil du président sur les conseillers en science et technologie. Dans l’opinion publique, l’enthousiasme de Trump pour l’IA ne trouve pas d’écho équivalent : un sondage New York Times‑Siena auprès de 1 503 électeurs probables révèle que 61 % s’opposent à la construction de centres de données pour alimenter l’IA, un sondage AP‑NORC‑Université de Chicago indique que 53 % des personnes interrogées se disent très préoccupées par l’impact environnemental de l’IA, et une enquête POLITICO‑Public First fait ressortir que 63 % des adultes américains perçoivent au moins un risque modéré que l’IA avancée puisse un jour détruire l’humanité. Face à cette inquiétude, les démocrates multiplient les appels à une intervention publique, sans convergence sur une plateforme commune. Le sénateur Bernie Sanders (I‑Vt.) souhaite mettre en pause le développement de l’IA avancée et interdire définitivement la « superintelligence », définie comme une IA plus capable que les humains et capable d’agir au‑delà du contrôle humain. Dans un courriel de campagne envoyé vendredi soir, la représentante Alexandria Ocasio‑Cortez (D‑N.Y.) réclame des normes de sécurité strictes et une supervision publique, tout en mettant en garde le Congrès contre l’idée de renflouer les géants du numérique si la « bulle de l’IA » éclatait.

Pourquoi c’est important

L’offensive de Donald Trump en faveur d’une « AI Force » et d’un tsar de l’IA illustre un choix stratégique clair : accélérer le développement de l’intelligence artificielle en misant sur une régulation minimale, centrée sur le recours aux mécanismes judiciaires existants plutôt que sur la création de nouveaux cadres contraignants. Cette orientation s’oppose frontalement aux appels au ralentissement ou à l’encadrement renforcé de l’IA formulés par les dirigeants des principales entreprises du secteur, qui évoquent des risques allant jusqu’à la destruction de l’humanité. Dans le même temps, les sondages montrent une opinion publique majoritairement inquiète, tandis que des figures de la gauche américaine comme Bernie Sanders et Alexandria Ocasio‑Cortez plaident pour des pauses dans le développement des systèmes les plus puissants, l’interdiction de la superintelligence et la mise en place de normes de sécurité strictes. Le contraste entre la position présidentielle et ces signaux politiques et sociétaux crée un clivage majeur sur la gouvernance de l’IA aux États‑Unis, dont l’issue pourrait façonner durablement la trajectoire technologique et réglementaire du pays.

Questions fréquentes

Qu’est‑ce que la « AI Force » annoncée par Donald Trump ?

Trump veut créer une « AI Force » calquée sur la Space Force pour superviser le développement de l’IA, sans en détailler la mission ni le budget.

Quel est le rôle du futur tsar de l’IA ?

Trump prévoit de nommer un tsar de l’IA chargé de piloter les efforts américains en matière d’intelligence artificielle, fonction remise au goût du jour.

Comment Trump envisage la régulation de l’IA ?

Il affirme que le gouvernement ne « gênera ni n’étouffera » l’IA et qu’il se contentera de traquer les comportements « MAUVAIS » via le système judiciaire existant.

Que disent les dirigeants de l’IA sur les risques ?

Dario Amodei, Sam Altman, Elon Musk et Demis Hassabis appellent à ralentir l’IA, et Evan Hubinger estime à plus de 10 % le risque que l’IA tue tous les humains.

Quelle est la position des démocrates sur l’IA ?

Bernie Sanders veut arrêter l’IA avancée et bannir la superintelligence, tandis qu’Alexandria Ocasio‑Cortez réclame des normes de sécurité strictes et une supervision publique.

Source

Axios

Auteur

Rédaction IA-Medias

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