L'Europe perd du terrain face aux États-Unis sur la productivité

D'après Europe Business News (22 juin 2026 à 06h17)

Résumé

La productivité horaire de la zone euro est tombée de 98 % à 82 % du niveau américain en vingt ans. L’IA est désormais présentée comme levier central de rattrapage.

Les faits

La productivité horaire de la zone euro ne représente plus qu’environ 82 % du niveau américain, selon une analyse de l’OFCE, contre 98 % en 1995. Cette perte de seize points de productivité relative en un quart de siècle illustre un décrochage durable entre les deux blocs. La dynamique est défavorable à l’Europe : l’OCDE estime que depuis 2000, la productivité du travail dans l’Union européenne progresse en moyenne d’un demi-point de pourcentage de moins par an qu’aux États-Unis. En France, la productivité du travail a crû de 1,1 % par an entre 1995 et 2019, contre 1,6 % dans l’économie américaine, ce qui creuse un écart cumulé de près de 16 points sur la période. Les analyses soulignent deux causes structurelles majeures. D’abord, une insuffisance de l’investissement, en particulier dans les nouvelles technologies et la recherche, avec une R&D privée représentant 2,83 % du PIB aux États-Unis contre 1,48 % dans l’Union européenne, soit presque deux fois moins. Ensuite, une structure économique européenne caractérisée par un tissu plus fragmenté et riche en entreprises de taille moyenne, quand la croissance de la productivité américaine est largement tirée par une poignée de géants technologiques, les « Magnificent 7 ». Cette différence de structure se traduit par une diffusion plus lente des gains de productivité en Europe. La Banque de France souligne que si le PIB par habitant européen a partiellement rattrapé le niveau américain, l’écart s’est au contraire élargi en productivité par heure travaillée. Sur le terrain, l’intelligence artificielle reste difficile à déployer dans les petites et moyennes entreprises : « Les petites entreprises, en particulier celles dont la valeur est comprise entre 1 et 2,5 milliards d’euros, ont trois fois moins de chances de réussir à mettre en œuvre l’IA que leurs homologues américaines », souligne ainsi Dawid Osiecki, directeur Data & IA chez Accenture en Pologne. Dans ce contexte, le rapport Draghi s’inscrit dans une tentative de répondre à un décrochage documenté par de multiples institutions. Il met l’accent sur le rôle de l’intelligence artificielle comme levier potentiel de rattrapage pour la productivité européenne, dans un environnement où la zone euro « ne produit plus que 82 % de ce qu’un Américain génère en une heure » et où l’IA est encore boudée par une partie des PME.

Pourquoi c’est important

L’écart de productivité entre l’Europe et les États-Unis a des conséquences directes sur la création de richesse, la compétitivité des entreprises et la capacité du continent à financer ses priorités économiques, sociales et environnementales. La combinaison d’un sous-investissement dans les technologies et la recherche, d’un déficit de capital-risque et d’une absence de géants technologiques de taille comparable aux « Magnificent 7 » place l’Union européenne dans une position de vulnérabilité. Dans ce paysage, l’intelligence artificielle est identifiée comme un outil structurant pour accélérer les gains de productivité, en particulier si elle parvient à se diffuser au-delà des grands groupes et à pénétrer le tissu des entreprises de taille moyenne. Le rapport Draghi, en mettant l’accent sur l’IA comme levier de rattrapage, s’attaque à un enjeu stratégique : éviter que l’écart de productivité horaire, déjà élargi, ne se transforme en handicap durable pour l’économie européenne.

Questions fréquentes

À quel niveau se situe la productivité horaire de la zone euro par rapport aux États-Unis ?

Selon l’OFCE, elle représente environ 82 % du niveau américain, contre 98 % en 1995.

De combien la productivité relative européenne a-t-elle reculé en vingt ans ?

La productivité horaire de la zone euro est passée de 98 % à 82 % du niveau américain, soit une perte de seize points.

Quelles sont les deux causes structurelles majeures du décrochage de productivité européen ?

Sous-investissement en technologies et recherche, et structure économique fragmentée sans géants comparables aux « Magnificent 7 ».

Comment la R&D privée européenne se compare-t-elle à celle des États-Unis ?

La R&D privée représente 2,83 % du PIB aux États-Unis contre 1,48 % dans l’Union européenne, soit presque deux fois moins.

Pourquoi l’IA est-elle considérée comme un levier de rattrapage pour l’Europe ?

Parce qu’elle peut accélérer les gains de productivité, à condition d’être effectivement mise en œuvre par les entreprises.

Source

Europe Business News

Auteur

Rédaction IA-Medias

Rédaction spécialisée dans la veille et l'analyse de l'actualité de l'intelligence artificielle, des puces IA, des robots, des agents IA et de la recherche.